Yamoussoukro, 4 fév 2026 (AIP) – Le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et Affaires Mondiales Canada, a ouvert mercredi 04 février 2026 à Yamoussoukro un atelier d’évaluation et de validation des nouveaux curricula des Institutions de formation et d’éducation féminine (IFEF), en vue d’adapter les formations aux réalités socioéconomiques actuelles et d’améliorer l’employabilité des femmes et des jeunes filles.
Selon le directeur de cabinet du ministère, Moussa Diarrassouba, représentant la ministre Nassénéba Touré, cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre de la réforme des IFEF adoptée par le gouvernement en septembre 2023 après près de dix années de réflexion.
« Les programmes proposés jusque-là, comme la coiffure ou la couture, ne suffisent plus face à l’évolution du marché de l’emploi. Il est impératif d’adapter les formations aux nouveaux besoins économiques pour favoriser une réelle autonomie des femmes », a-t-il expliqué.
Créées depuis 1958, les IFEF constituent une alternative d’éducation non formelle destinée aux femmes et jeunes filles sorties précocement du système scolaire. Présentes sur l’ensemble du territoire national, elles visent à faciliter leur insertion professionnelle et leur participation au développement économique.
La réforme prévoit une amélioration de la qualité et de la pertinence des formations, avec l’introduction de nouveaux métiers et de compétences techniques adaptées aux contextes locaux. Les régions du Tchologo et du Bounkani, zones frontalières confrontées à l’insécurité et à une forte vulnérabilité des femmes, serviront de phase pilote avant une extension nationale.
Le représentant adjoint de l’UNFPA en Côte d’Ivoire, Mohamed Ahmed Abd, a souligné que l’appui de son institution répond aux priorités gouvernementales en matière d’autonomisation économique des femmes.
« Ces modules constituent un outil puissant pour renforcer l’employabilité des jeunes femmes afin qu’elles développent des activités génératrices de revenus et deviennent des actrices du développement. Aucun progrès durable n’est possible sans l’implication pleine et entière des femmes », a-t-il affirmé.
Concrètement, l’UNFPA a soutenu la révision des curricula à travers le recrutement d’un consultant chargé d’identifier les besoins sur le terrain et d’adapter les contenus pédagogiques aux réalités locales.
La directrice de la formation au ministère, Josiane Bessi, a indiqué que la réforme prévoit 33 parcours de formation couvrant des métiers variés, notamment la plomberie, la maçonnerie, le design, le modélisme ou encore la pâtisserie spécialisée (cake design), en plus des filières traditionnelles.
À l’issue des travaux techniques tenus en décembre dernier, cinq modules ont été prévalidés. L’atelier en cours vise à valider définitivement six modules de formation ainsi que les référentiels métier, pédagogiques et fiches didactiques associés, dont un module consacré à la santé de la reproduction.
Une évaluation pilote concernera 20 IFEF avant une généralisation progressive à l’ensemble des institutions du pays, dans le cadre du projet « Résilience des communautés dans les régions du Nord et de l’Est ».
Les autorités espèrent ainsi doter les femmes ivoiriennes de compétences adaptées aux mutations sociales, technologiques et économiques, afin de renforcer leur autonomie et leur contribution à la transformation structurelle de l’économie nationale.
(AIP)
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