mardi, mars 10

Songon, 10 mars 2026 (AIP)- Le patrimoine foncier du Centre national de recherche agronomique (CNRA) est menacé par ” l’ urbanisation galopante et la pression foncière”, a appris l’AIP, lors  d’un entretien avec le porte parole du collectif des syndicats du CNRA, Alain Yohou.

M. Yohou a expliqué que cette pression foncière ne se limite pas à de simples clôtures déplacées. Il s’agit d’une véritable annexion car des forêts primaires protégées sont abattues, des collections de cacaoyers et de cocoteraies uniques au monde sont détruites, et des dispositifs de recherche vieux de plusieurs décennies sont réduits à néant.

” Les annexions de ce massif forestier abrité par le CNRA engendrent des conséquences. Parmi elles, figurent la perte du travail de son personnel puisse qu’il n’y aura plus de matériel de travail qui est la terre (…) Concernant les cultures pérennes, maraîchères, même l’ élevage se passent sur le foncier. Avec cette destruction de notre patrimoine foncier, la sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire risque d’ être un vieux souvenir dans les années à venir”, a déclaré le syndicaliste M. Yohou, vendredi 06 mars 2026.

Créé en 1998 pour porter l’ambition agricole de la Côte d’Ivoire, le CNRA voit aujourd’hui ses stations de recherche encerclées, voire “grignotées”, par des “lotissements souvent illégaux”.

D’Adiopodoumé à Korhogo, en passant par Gagnoa et Bouaké ou encore à Divo, des hectares de parcelles expérimentales des semences de demain, sont transformés en zones d’habitation en l’espace de quelques années.

” À Sassandra, nous enregistrons des annexes massives. À Adiopodoumé, la superficie au départ était de 250 Ha. Aujourd’hui, les riverains et les sociétés immobilières veulent annexés plus de 250 Ha et nous octroyer 30 Ha et nous confiner sur notre site de travail. À Anguededou, au début le CNRA possédait 1073 Ha. Aujourd’hui, plus de 100 Ha ont été annexé par des riverains et sociétés immobilières. À Dabou, ce sont plus de 200 Ha qui ont été annexé sur 4115 Ha. À Sassandra, il y a eu aussi une annexe de 100 Ha sur notre patrimoine foncier. Enfin, à Bouaké, le site du CNRA a connu une vingtaine Ha annexée “, a détaillé Alain Yohou.

De plus, le porte parole du Collectif des syndicats du CNRA a déploré des agressions dont sont victimes certains travailleurs de son institution lors de la découverte de ces opérations immobilières.

Par conséquent, si le CNRA perd ses terres, c’est toute la capacité de la Côte d’Ivoire à s’adapter au changement climatique qui est compromise. Car c’est sur ces terres que sont créées les semences de demain, plus résistantes et plus productives, a-t-il alerté.

Créé en avril 1998, le CNRA est le chef de file de la recherche agronomique en Côte d’Ivoire. Ses travaux couvrent les productions végétales et animales, ainsi que la conservation des produits, à travers cinq directions régionales implantées sur l’ensemble du territoire.

(AIP)

tg/bsb/haa

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