Abidjan, 10 mars 2026 (AIP) – Douze étudiants de l’École d’architecture d’Abidjan (EAA) ont été admis au Master 2 d’architecture à l’issue de la proclamation des résultats de leur soutenance de Travaux personnels de fin d’étude (TPFE), lundi 9 mars 2026, au sein de l’établissement situé à Abidjan-Cocody.
Moment décisif du parcours académique, la soutenance du TPFE constitue l’ultime étape de la formation de l’étudiant en architecture. Présenté devant un jury, ce travail personnel de recherche et de conception sanctionne plusieurs années d’études et ouvre officiellement l’accès au métier d’architecte.
Au total, douze candidats ont défendu leurs projets qui proposent des solutions pour la ville et la société ivoiriennes devant plusieurs jurys spécialisés, avant la consolidation finale des résultats par un jury central. Les notes attribuées s’échelonnent entre 12 et 17 sur 20, confirmant la validation du parcours pour l’ensemble des étudiants.
Les travaux présentés illustrent une forte sensibilité aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux qui traversent les villes africaines contemporaines. Plusieurs projets ont porté sur l’architecture sociale, notamment la conception de centres d’accueil et de réhabilitation destinés aux enfants en situation de rue à Abidjan, ou encore des structures d’encadrement et de formation favorisant leur insertion.
D’autres propositions se sont intéressées à l’architecture durable appliquée aux infrastructures économiques et urbaines, avec des projets tels que la conception d’un complexe abattoir-marché à bétail à Bouaké intégrant le bien-être animal et celui des usagers, ou encore l’implantation d’une unité de transformation d’attiéké optimisée pour les contraintes d’espace et de fonctionnalité.
Les questions culturelles et patrimoniales ont également nourri la réflexion des impétrants, à travers des projets portant sur la reconstruction et l’extension de l’ancien palais de justice de Grand-Bassam, la conception d’un nouveau village artisanal dans la même ville, ou encore la création d’un centre culturel adaptable aux usages contemporains.
La dimension urbaine et sociale a par ailleurs inspiré des travaux consacrés aux infrastructures de loisirs et de sport à Yopougon, à la conception d’un établissement sanitaire à Angré-Château, à une bibliothèque modulable adaptée aux nouvelles générations à Cocody, ou encore à un centre intégratif de prise en charge psychiatrique à Anyama.
Ces projets témoignent d’une volonté commune : utiliser l’architecture comme un levier de transformation sociale, de valorisation du patrimoine et d’amélioration du cadre de vie.
Présent à la cérémonie, le président de l’Ordre des architectes de Côte d’Ivoire et président du conseil d’administration de l’EAA, Joseph Amon, a salué l’engagement et la créativité des étudiants, les exhortant à poursuivre leur quête d’excellence dans un métier où la responsabilité sociale est centrale.
Il a souligné que l’architecture demeure un instrument majeur pour accompagner le développement durable des villes africaines.
La doyenne de la Faculté d’architecture La Cambre-Horta de l’Université libre de Bruxelles, également vice-présidente de l’Ordre des architectes de Belgique, a pour sa part exprimé son admiration pour la qualité des travaux présentés.
Elle a encouragé les nouveaux diplômés à poursuivre leurs efforts et à s’ouvrir davantage aux collaborations internationales, estimant que leur formation constitue une base solide pour affronter les défis contemporains de l’architecture.
La cérémonie a également été marquée par la signature d’une convention de partenariat entre l’EAA et l’université belge, ouvrant de nouvelles perspectives de mobilité académique, de recherche et de coopération scientifique.
Fondée en 2015 par l’Ordre des architectes de Côte d’Ivoire, l’École d’architecture d’Abidjan s’impose progressivement comme un pôle de référence dans la formation architecturale en Afrique de l’Ouest.
En une décennie d’existence, l’institution a su conjuguer exigence académique, ouverture internationale et valorisation du patrimoine architectural africain.
À travers les projets défendus par cette nouvelle promotion, l’EAA confirme sa vocation : former des architectes capables d’imaginer des villes plus humaines, durables et enracinées dans l’identité du continent, esquissant ainsi les premières lignes de l’Afrique de demain.
(AIP)
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