Abidjan, 2 mai 2026 ( AIP) – La Côte d’Ivoire entend franchir un cap décisif en matière de santé et sécurité au travail, avec l’ambition d’inscrire durablement la prévention des risques professionnels au cœur de son développement, à l’horizon 2040.
Cette volonté a été réaffirmée jeudi 30 avril 2026, à Abidjan, lors de la clôture de la 30ᵉ édition de la Journée africaine de la prévention des risques professionnels (JAPRP), couplée à la 24ᵉ Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail (JMSST).
Au terme de trois jours d’échanges, le Directeur général adjoint de la CNPS, Idriss Traoré, a dressé un bilan globalement positif des actions menées depuis 1996, tout en appelant à un engagement renforcé.
« Nous avons enregistré des progrès notables, mais de nombreux défis persistent », a-t-il déclaré, citant notamment « la faible couverture des travailleurs, en particulier dans le secteur informel » et « l’insuffisance de statistiques fiables dans plusieurs secteurs d’activité ».
Insistant sur l’importance d’un changement de mentalité, il a également rappelé que « la prévention n’est pas une charge, c’est un investissement », appelant à l’émergence de « leaders capables de promouvoir au quotidien une véritable culture de prévention dans les entreprises.
Les travaux ont par ailleurs mis en lumière l’apparition de nouveaux risques liés aux transformations technologiques, aux mutations du travail et aux enjeux environnementaux. Une attention particulière a été accordée aux risques psychosociaux.
« La prévention doit désormais intégrer pleinement la dimension psychosociale en plaçant le bien-être global du travailleur au cœur des politiques », a souligné M. Traoré.
Représentant le ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Me Adama Kamara, son émissaire a salué la qualité des travaux et réaffirmé l’engagement de l’État.
« Le bilan est encourageant, mais il nous interpelle sur la persistance de défis majeurs », a-t-il indiqué, évoquant notamment « l’insuffisante couverture des travailleurs et la faible culture de prévention dans nos environnements professionnels ».
Pour le gouvernement, la prévention constitue un levier stratégique de développement.
« Elle contribue à préserver le capital humain, à améliorer la productivité des entreprises et à renforcer la cohésion sociale », a-t-il affirmé, avant d’insister : « Elle ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme un investissement essentiel ».
Au terme des assises, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment le renforcement du système national de santé et sécurité au travail, l’amélioration de la collecte des données, l’élargissement de la couverture à tous les travailleurs et l’intégration des risques émergents dans les politiques publiques.
Appelant à l’action, les autorités ont exhorté l’ensemble des acteurs à maintenir la dynamique enclenchée.
« La réussite de cette ambition dépendra de notre capacité à traduire ces recommandations en actions concrètes », a conclu Idriss Traoré.
Organisées du 28 au 30 avril 2026 à Abidjan, ces journées marquent ainsi une étape importante dans la construction d’une stratégie nationale durable de prévention des risques professionnels.
La cérémonie de clôture a été marquée par un hommage aux pionniers de la journée africaine de la prévention des risques professionnels.
( AIP)
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