Taï, 13 mars 2026 (AIP) –Le département de Taï se trouve dans une impasse marquée par un manque d’infrastructures financières alors que ses richesses agricoles explosent, freinant ainsi son essor économique a constaté l’AIP, vendredi 13 mars 2026.
Situé dans une zone de forte production de café, de cacao et d’hévéa, le département de Taï, 13 ans après son érection, ne dispose à ce jour que d’une seule agence bancaire à Zagné, à l’extrémité nord de la circonscription. Une situation qui transforme chaque transaction en un parcours du combattant pour les usagers répartis sur les 87 km du territoire, notamment des risques sécuritaires pour les fonctionnaires et coopératives.
Pour les fonctionnaires, la fin de mois rime avec danger. Faute d’agences de proximité, beaucoup doivent parcourir des distances épuisantes pour accéder à leur salaire.
« Nous qui avons nos comptes domiciliés dans des banques autres que celle de Zagné, sommes obligés de parcourir de longues distances, avec tous les risques sécuritaires que cela comporte. C’est un risque que nous prenons chaque mois », déplore Y. Coulibaly, enseignant à Ziriglo, à 117 km de Guiglo.
Même cas pour ceux qui se rendent à Zagné, localité abritant l’unique agence où le service reste aléatoire.
Le secteur agricole, poumon de la région, est le plus durement touché. Pour payer les planteurs et les ouvriers, les gestionnaires de coopératives doivent inventer des circuits financiers hybrides pour éviter de transporter des sacs de billets, cibles privilégiées des braqueurs.
Gestionnaire d’une coopérative à Taï, B. Tiendrebeogo explique que les partenaires des grandes villes achètent des valeurs numériques (Mobile Money) auprès de prestataires locaux. En échange, ces prestataires remettent la liquidité collectée sur place à la coopérative. « Tout ce stratagème vise à éviter les risques liés au transport d’argent en espèces. Avec une banque, ce serait plus simple et plus sécurisé », précise-t-il.
Le secteur de la monnaie électronique, censé pallier l’absence de banques, finit par saturer. Sans agences pour se réapprovisionner rapidement en « valeurs numériques », les gérants de points de vente subissent des ruptures de stock fréquentes.
« Notre secteur dépend des banques pour ses performances. La création d’au moins une agence bancaire supplémentaire aiderait à réduire les ruptures de fourniture », assure N. Soto, gestionnaire d’un point de service mobile money.
L’appel des populations et des opérateurs économiques est désormais unanime : l’installation de nouvelles enseignes bancaires est devenue une condition sine qua non pour que Taï puisse enfin convertir son potentiel agricole en véritable développement local.
(AIP)
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