Abidjan, 22 mai 2026 (AIP) – Les universités publiques ivoiriennes et plusieurs entreprises du secteur énergétique ont franchi un nouveau cap dans le rapprochement entre formation académique et besoins du marché de l’emploi, à travers la signature, jeudi 21 mai 2026 à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, de conventions de partenariat consacrant le lancement de filières de formation duale en énergies renouvelables.
Cette initiative porte notamment sur une « licence biomasse-énergie » ainsi qu’un « master développement et conduite des ressources énergétiques et environnementales », destinés à former une nouvelle génération de techniciens et d’ingénieurs capables d’accompagner la transition énergétique en Côte d’Ivoire.
La cérémonie s’est tenue en présence des partenaires techniques et financiers, notamment l’Union européenne (UE) et l’Allemagne, engagés aux côtés de la Côte d’Ivoire dans le développement des compétences liées aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.
Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Adama Diawara, le directeur de cabinet, Arsène Kobea, a salué une initiative qui traduit, selon lui, la volonté du gouvernement de faire de l’université un véritable levier de développement économique et social.
« Nous traduisons concrètement la volonté du gouvernement de rapprocher l’université du secteur productif », a-t-il déclaré, rappelant que ce projet, engagé avec la coopération allemande (GIZ) depuis 2021, s’inscrit dans la vision du Président de la République en faveur d’une université davantage connectée aux réalités socio-économiques.
Il a également mis en avant les opportunités qu’offre la biomasse, au regard des importantes ressources agricoles et forestières du pays, estimant que la réussite de la transition énergétique dépend de la capacité à disposer de ressources humaines qualifiées et immédiatement opérationnelles.
Le coordonnateur national des formations interuniversitaires en énergies renouvelables, Franck Dodou, a indiqué que ce modèle de formation duale permettra aux étudiants d’alterner enseignements théoriques et immersion professionnelle en entreprise.
« Cette approche favorisera l’acquisition de compétences pratiques en situation réelle et préparera des professionnels aptes à répondre aux besoins du secteur énergétique », a-t-il expliqué.
Pour le chef de la coopération de l’ambassade d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Lars Nieder, la formation duale constitue l’un des piliers du modèle allemand de développement industriel et technologique.
« En Allemagne, la formation duale est depuis plusieurs décennies un facteur clé de compétitivité. Elle permet de former des techniciens et des ingénieurs capables de concevoir les solutions énergétiques de demain », a-t-il souligné, réaffirmant l’engagement de son pays à travers le projet ProFERE, cofinancé par l’Union européenne.

La représentante de la délégation de l’Union européenne, Laura Desmoulin, a, pour sa part, salué les efforts de la Côte d’Ivoire en faveur d’une économie sobre en carbone. Elle a rappelé que cette coopération s’inscrit dans les initiatives « Global Gateway » et « Team Europe », mobilisant plus de 1,4 milliard d’euros d’investissements.
« La transition énergétique repose avant tout sur des femmes et des hommes qualifiés. Investir dans les compétences est donc essentiel », a-t-elle insisté.
Au nom des entreprises signataires, la directrice des ressources humaines de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), Ta bi Soma Kouamé Cécile, a estimé que ce partenariat permettra de mieux adapter les formations aux besoins du secteur privé et d’accélérer l’insertion professionnelle des jeunes diplômés.
Le vice-président de l’université Nangui Abrogoua, Tiho Seydou, intervenant au nom des universités partenaires, a souhaité que cette expérience pilote soit étendue à d’autres domaines stratégiques, notamment l’agro-industrie.
« Ce partenariat dépasse le simple cadre administratif. Il ouvre la voie à un écosystème de formation plus dynamique, fondé sur une collaboration étroite entre universités et entreprises », a-t-il affirmé.
Cette initiative vise à réduire le décalage persistant entre les compétences développées dans les établissements de formation et les attentes du marché de l’emploi, dans un contexte marqué par les mutations technologiques et les défis de la transition énergétique.
Porté conjointement par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS) et le projet ProFERE II, ce modèle pilote de formation duale combine apprentissage académique et expérience professionnelle afin de renforcer l’employabilité des jeunes et soutenir l’émergence d’une économie innovante, compétitive et durable.
(AIP)
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