Abidjan, 22 mai 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la modernisation de la gouvernance foncière rurale avec l’accélération de la délivrance des certificats rendue possible par la signature électronique et la dématérialisation des procédures de validation.
Cette transformation s’appuie sur le Système d’information du foncier rural de Côte d’Ivoire (SIFOR-CI), une plate-forme numérique déployée par l’Agence foncière rurale (AFOR), indique une note d’information transmise vendredi 22 mai 2026 à l’AIP.
Encadré par l’Ordonnance n° 2025-85 du 12 février 2025, le dispositif vise à sécuriser, tracer et accélérer le traitement des dossiers fonciers, notamment la délivrance des certificats, la délimitation des territoires villageois et la formalisation des contrats agraires.
La ratification de cette ordonnance renforce également la sécurité juridique des certificats fonciers et consolide la protection des droits des populations rurales. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a défendu le texte devant les Commissions des affaires économiques et financières (CAEF) de l’Assemblée nationale et du Sénat les 12 mars et 30 avril 2026.
Sur le terrain, les premiers effets de cette réforme sont déjà visibles. Dans plusieurs localités, notamment à Bongouanou, Touba, Ouaninou et Soubré, les préfets procèdent désormais à la signature électronique des certificats fonciers.
Le préfet du département de Sandégué, Gué Antoine Gbey, a salué, le 15 mai 2026, « une avancée significative » dans le traitement des dossiers fonciers ruraux.
« La dématérialisation est l’aboutissement des réformes engagées par l’AFOR. Cette opération constitue un gain de temps considérable pour le corps préfectoral et l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus de validation des dossiers », a-t-il déclaré.
Le préfet de Tanda, Coulibaly Yaya, a également mis en avant la fiabilité du système numérique. « Avant, il fallait vérifier manuellement chaque document des liasses foncières. Aujourd’hui, les contrôles préalables sont automatisés et le préfet est rassuré au moment de signer les certificats fonciers », a-t-il expliqué.
Pour les opérateurs fonciers et les services techniques de l’État, cette innovation améliore la célérité, la traçabilité et la sécurisation des données foncières.
La coordonnatrice régionale du Groupement ETAFAT-CGEA2TF, Mme Ouattara Kadidiatou épouse Zokou, estime que cette réforme marque « une avancée majeure dans la modernisation de la gouvernance foncière ».
« Après quelques difficultés initiales, les agents maîtrisent désormais les applications. Les dossiers sont aujourd’hui contrôlés, validés et signés dans des délais relativement courts grâce à l’appui du corps préfectoral », a-t-elle souligné.
Grâce aux outils numériques développés par l’AFOR, notamment DIGIFOR et SC-Carto, des milliers de dossiers peuvent désormais être contrôlés, validés ou rejetés en quelques clics, conformément à la réglementation en vigueur.
Le chef du service du Cadastre du Gontougo, Pacôme Dia, a lui aussi relevé les gains de temps générés par cette réforme. « Il nous fallait auparavant plusieurs jours pour vérifier les documents, avec parfois des pertes de dossiers. Aujourd’hui, le traitement est beaucoup plus rapide et sécurisé », a-t-il affirmé.
Pour les populations rurales, la digitalisation renforce également la confiance dans le système foncier. Les délais d’attente sont réduits et les risques de perte, de falsification ou de duplication des documents sont désormais limités grâce au système numérique.
« J’ai reçu le papier de ma terre sans rien payer. Je remercie l’AFOR et la Banque mondiale. Je vais encourager mes proches à faire également leurs documents », s’est réjouie Maman Koffi Madeleine, bénéficiaire d’un certificat foncier dans le village de Néma, sous-préfecture de Diamba, département de Tanda.
Au-delà de l’innovation technologique, cette réforme traduit la volonté des autorités ivoiriennes de moderniser durablement le foncier rural, longtemps confronté aux lenteurs administratives et aux conflits liés à la propriété des terres.
Avec les premiers certificats électroniques déjà délivrés, la Côte d’Ivoire amorce ainsi une mutation majeure de son système de sécurisation foncière rurale, au service des populations et du développement agricole.
(AIP)
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