Abidjan, 23 mai 2026 (AIP) – Le groupe Canal+ est au cœur d’une procédure judiciaire engagée par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et la CGT Spectacle, qui annoncent une action devant le tribunal de Nanterre pour des faits présumés de discrimination liés à une tribune critique du groupe Bolloré.
Dans un communiqué conjoint publié samedi 23 mai, les deux organisations estiment que Canal+ aurait adopté une position discriminatoire à l’encontre des signataires d’une tribune dénonçant « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le secteur du cinéma. Elles affirment que « Canal+ comparaîtra devant la justice pour avoir violé la loi ».
La LDH et la CGT Spectacle reprochent au président du directoire de Canal+, Maxime Saada, d’avoir exprimé le refus de travailler avec les signataires du texte, une décision qualifiée de « choix brutal de discriminer ». Selon elles, cette position pourrait avoir des conséquences directes sur l’accès aux financements et aux collaborations dans le secteur audiovisuel.
Pour la LDH, la discrimination serait déjà « établie », son vice-président et avocat Arié Alimi estimant que cette prise de position produit un effet immédiat sur les relations professionnelles dans l’industrie du cinéma, en incitant certaines sociétés de production à éviter les signataires de la tribune.
Publiée le 11 mai dans le journal Libération, la tribune visait notamment le rôle du groupe Bolloré dans le paysage audiovisuel et culturel français, ainsi que ses ambitions dans le secteur de l’exploitation cinématographique. Elle évoquait également les inquiétudes de professionnels du secteur face à une concentration des médias.
De son côté, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a dénoncé un « climat de peur » dans le cinéma français et salué le courage des signataires du texte.
La CGT Spectacle a par ailleurs annoncé l’organisation d’un rassemblement le 30 mai devant la salle de spectacle L’Olympia, également détenue par le groupe Bolloré, afin de réclamer des mesures de protection de la liberté d’expression et de la démocratie dans le secteur culturel.

