Abidjan, 29 mai 2026 (AIP) – Les institutions africaines de financement du développement ont réaffirmé, mardi à Brazzaville, leur engagement à soutenir la Mission 300, une initiative portée conjointement par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le Groupe de la Banque mondiale visant à raccorder 300 millions d’Africains supplémentaires à l’électricité d’ici à 2030.
Réunis en marge des Assemblées annuelles 2026 de la BAD, plusieurs responsables financiers africains ont plaidé pour une mobilisation coordonnée des capitaux africains afin d’accélérer le financement des infrastructures énergétiques sur le continent.
Lors d’un panel de haut niveau organisé autour du thème « Mobiliser les IFD et les capitaux africains pour soutenir la Mission 300 », les participants ont insisté sur la nécessité de créer une coalition des institutions de financement du développement (IFD) africaines dédiée à cette initiative énergétique.
« Aucune institution ne peut à elle seule atteindre l’objectif de la Mission 300. Nous avons besoin que les capitaux africains travaillent de manière plus systématique pour le développement de l’Afrique », a déclaré le vice-président du Groupe de la BAD, Kevin Kariuki.
Dans cette dynamique, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a annoncé un engagement financier en faveur du projet. Selon le directeur de l’énergie et des ressources naturelles de la BOAD, Oumar Tembely, l’institution apportera un financement de 1,1 milliard de francs CFA pour accompagner la Mission 300.
Les échanges ont également mis en lumière l’importance des mécanismes de financement mixte et du rôle du secteur privé dans la réussite de ce projet estimé à environ 238 milliards de dollars pour les 30 premiers pays bénéficiaires.
Le directeur général d’African Guarantee Fund (AGF), Constant N’zi, a souligné l’existence d’importantes ressources financières encore peu exploitées sur le continent. « Il y a 2 500 milliards de dollars qui dorment dans les bilans des banques commerciales africaines », a-t-il affirmé, estimant que ces ressources pourraient contribuer au financement des projets énergétiques africains.
Les participants ont relevé plusieurs défis persistants, notamment la fragmentation des mécanismes de coordination, des capacités institutionnelles limitées et l’insuffisance des instruments de couverture des risques.
La coalition envisagée devrait permettre de renforcer la coordination entre les institutions africaines de financement tout en s’inscrivant dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) portée par la BAD.
Le président-directeur général du groupe Trade and Development Bank (TDB), Admassu Tadesse, a pour sa part réaffirmé l’adhésion de son institution à cette initiative continentale.
Les discussions de Brazzaville traduisent ainsi une volonté croissante des institutions africaines de jouer un rôle central dans le financement des priorités énergétiques et infrastructurelles du continent.
(AIP)
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