Bouaké, 18 sept 2026 (AIP)- Le Centre national de recherche agronomique (CNRA) a clôturé, jeudi 17 septembre 2026, le projet HortiNet-CI par un atelier bilan organisé à la station de recherche de Bouaké, en présence de partenaires, de producteurs agricoles et d’acteurs de la filière maraîchère.
L’atelier a permis de présenter les principaux acquis du projet, consacré à la lutte contre les contraintes phytosanitaires qui affectent la production de tomate en Côte d’Ivoire, et d’examiner les perspectives de valorisation et de mise à l’échelle des résultats auprès des producteurs.
Représentant le directeur régional du CNRA de Bouaké, Dr Kouassi Cyrille, et le directeur général, Pr Abdourahamane Sangaré, le coordonnateur scientifique du CNRA de Bouaké, Dr N’Zué Bony, a indiqué que la clôture du projet constitue une étape dans la valorisation et la pérennisation de ses acquis au profit des producteurs et des acteurs socioéconomiques.
« Ce rendez-vous est un moment de bilan, de reconnaissance et de projection. Il nous invite à apprécier le chemin parcouru, à tirer les enseignements de notre expérience collective et surtout à préparer l’après-projet », a déclaré Dr N’Zué Bony.
Le directeur régional du CNRA de Korhogo, Dr Fondio Lassina, coordonnateur du projet HortiNet-CI, a rappelé que l’initiative trouve son origine dans l’apparition en Côte d’Ivoire de Tuta absoluta, un ravageur de la tomate.
Selon lui, en 2012, une alerte de la FAO sur la présence et la progression du ravageur en Afrique avait conduit des chercheurs à participer à une réunion à Dakar. À leur retour en Côte d’Ivoire, des pièges ont été utilisés pour vérifier la présence de l’insecte sur le territoire national.
Les premières expérimentations menées en 2013 ont confirmé la présence de Tuta absoluta en Côte d’Ivoire. En 2016, une forte infestation observée à Djébonoua a conduit le CNRA à dépêcher une mission pour identifier le ravageur responsable des dégâts enregistrés sur les cultures de tomate.
Cette situation a conduit à la constitution d’une équipe pluridisciplinaire regroupant des chercheurs du CNRA, des chercheurs de la sous-région, notamment du Sénégal, et du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD). Le projet HortiNet-CI a été mis en place avec un financement de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
Le projet a permis de développer des solutions de lutte contre les ravageurs de la tomate sans recours aux produits chimiques. Parmi les solutions expérimentées figurent des pièges, des biopesticides et des tunnels de protection des cultures.
Ces tunnels, assimilés à des serres, permettent de protéger les plants de tomate contre les ravageurs en créant une barrière physique autour des cultures, sur le modèle des moustiquaires utilisées pour se protéger contre les moustiques.
Le projet a aussi contribué au renforcement des capacités scientifiques par la formation et l’encadrement de jeunes chercheurs dans le domaine de la protection des cultures maraîchères.
Le bilan présenté par Dr N’Zué Bony fait état de quatre thèses encadrées, cinq masters soutenus, un diplôme d’ingénieur agronome et quatre BTS agricoles obtenus dans le cadre du projet.
Sur le plan des infrastructures, le projet a permis la mise en place ou la réhabilitation d’un puits équipé, d’un bassin de stockage d’eau et de huit tunnels destinés aux expérimentations sur les cultures maraîchères. « Ces équipements constituent une base matérielle qu’il importe désormais d’entretenir et de valoriser », a souligné Dr N’Zué Bony.
HortiNet-CI vise à apporter une réponse scientifique aux contraintes phytosanitaires qui affectent la production de tomate en Côte d’Ivoire, à travers des techniques agroécologiques durables et rentables pour les producteurs.
(AIP)
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