Agnibilékrou, 18 sept 2026 (AIP)- Une exploitation semi-industrielle de l’or a officiellement démarré, vendredi 18 septembre 2026 à Damé (département d’Agnibilékrou), avec un investissement de près de cinq milliards FCFA, dans le cadre d’un projet porté par la société Bafia Mining SARL et inscrit dans une démarche de formalisation du secteur, de protection de l’environnement et de développement local.
La cérémonie de lancement a réuni les autorités administratives, conduites par le préfet d’Agnibilékrou, Kouakou Kouadio Arnaud Mathieu, le directeur régional des Mines, Koné Dégué, les chefs traditionnels et religieux, les représentants des structures techniques de l’Etat ainsi que les populations riveraines.
Porté par l’opérateur économique Malan Eugène, sous la supervision du Groupement des artisans miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI), le projet s’inscrit dans la dynamique de formalisation et de professionnalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE), en vue de favoriser une activité aurifère encadrée et de lutter contre l’orpaillage clandestin.
Selon le promoteur, l’investissement devrait contribuer à améliorer les conditions de vie des populations locales et à préparer l’après-exploitation à travers des projets de développement et une gestion responsable des ressources naturelles.
M. Malan a indiqué que le projet est l’aboutissement de plus de sept années de concertations avec les autorités villageoises et les différentes parties prenantes. Il a précisé que le processus légal d’autorisation préalable à l’exploitation a été respecté, aboutissant à la ratification d’un protocole d’accord approuvé par l’Etat de Côte d’Ivoire.
Dans un discours prononcé en français et en langue locale Agni, il a exprimé sa reconnaissance au Roi du Djuablin, Nanan Tigori Gnamien, pour son accompagnement dans le choix de la voie légale.
Sur le plan environnemental, Bafia Mining prévoit notamment l’utilisation de procédés de forage et de gravimétrie, sans recours aux produits chimiques, ainsi que la mise en place d’une retenue d’eau, afin de limiter les impacts de l’exploitation sur le milieu naturel.
Le préfet Arnaud Mathieu Kouakou Kouadio a souligné la transparence du processus d’autorisation, marqué notamment par les enquêtes de commodo et incommodo, les études environnementales et l’identification de deux sites d’une superficie respective de 97,22 hectares et 96,52 hectares.
Il a appelé au respect de la loi, à la vigilance et à la préservation de la cohésion sociale, exhortant les acteurs à veiller au respect des cahiers des charges et à saisir l’autorité administrative en cas de manquement.
Le directeur régional des Mines a annoncé des contrôles réguliers et inopinés sur les sites et invité les populations à signaler les activités minières clandestines, afin de renforcer la traçabilité de la production aurifère.
Le député de la sous-préfecture de Damé, Abdoulaye Nango, a souhaité que l’exploitation contribue au bien-être des populations, tout en préservant l’écosystème et la quiétude des riverains.
En marge de la cérémonie, un chèque de 14 millions FCFA a été remis au chef du village de Damé, Nanan Méa II, pour l’acquisition de deux transformateurs électriques, afin de renforcer l’alimentation électrique de la localité.
Le lancement intervient dans un contexte de renforcement de la lutte contre l’orpaillage clandestin et de l’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en Côte d’Ivoire, avec un accent sur la légalisation des activités, la traçabilité de la production, la protection de l’environnement et le développement des communautés locales.
(AIP)
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