Bouna, 03 nov 2026 (AIP)-La mosquée historique de style soudanais de Bouna, datant du XVIIIe siècle, a retrouvé sa splendeur architecturale à l’issue de travaux de restauration intégrale conduits dans le respect des techniques traditionnelles de construction en terre.
L’édifice, situé au quartier Limamiso, a été officiellement inauguré vendredi 30 octobre 2026, au cours d’une cérémonie présidée par le préfet de région du Bounkani, Chérif Brahima, en présence d’experts du patrimoine, d’architectes, de guides religieux et de la communauté musulmane.
Les travaux, engagés début octobre, ont privilégié exclusivement les matériaux traditionnels, notamment la terre, afin de restituer à la mosquée ses caractéristiques architecturales originelles.

Cette réhabilitation s’inscrit dans le cadre du projet « Architecture de terre et résilience climatique en Afrique de l’Ouest » (HEAR), financé par l’Alliance Internationale pour la Protection du Patrimoine (ALIPH), basée à Genève, en Suisse. Sa mise en œuvre est assurée par le Centre International de la Construction en terre (CRAterre), basé à Grenoble en France, en partenariat avec l’École du patrimoine africain (EPA) de Porto-Novo au Bénin. En Côte d’Ivoire, le projet est conduit en collaboration avec le ministère de la Culture et de la Francophonie, à travers l’Office ivoirien du patrimoine culturel (OIPC)
La présidente de CRAterre, Bakonirina Rakotomamonjy a indiqué que l’intervention revêtait un caractère particulièrement urgent. Au fil des années, les pluies intenses, les infiltrations d’eau, l’érosion et les variations climatiques avaient considérablement fragilisé la structure de l’édifice. L’effondrement du minaret avait précipité la dégradation d’une partie importante de la toiture, compromettant davantage la stabilité de ce lieu de culte chargé d’histoire.

Le chantier a mobilisé des experts, des architectes, des gestionnaires de sites patrimoniaux, des professionnels du patrimoine et des maîtres maçons venus d’horizons divers, ainsi que 15 maçons ivoiriens, dans une dynamique de partage et de transmission des savoir-faire. La présidente Bakonirina Rakotomamonjy a salué cette interculturalité qui a prévalu dans la dynamique de restauration de la mosquée.
Le secrétaire exécutif chargé de la gestion des mosquées de style soudanais du Nord ivoirien, Lassinan Traoré, représentant la directrice générale de l’OIPC, a précisé que la restauration de la mosquée de Limamiso constituait un défi à la fois technique, humain et patrimonial, compte tenu de la nécessité de concilier respect de son architecture originelle, préservation de son caractère sacré et adaptation aux contraintes climatiques. Il a relevé que cette intervention traduit la volonté de l’Etat de transmettre aux générations futures un héritage témoignant de la mémoire, de la créativité et de la richesse des traditions architecturales locales.

Le secrétaire général adjoint du comité de gestion de la mosquée, Cissé Moustapha, a exprimé sa reconnaissance aux initiateurs et aux artisans qui ont mis leur expertise au service de la foi et de la culture. « Notre mosquée a retrouvé toute sa splendeur originelle, prête à traverser les âges et à continuer de guider les pas des croyants » a-t-il déclaré, engageant son comité à assurer l’entretien et la pérennité de ce sanctuaire.
Le préfet Chérif Brahima a, pour sa part, salué la résurrection de cette mémoire vivante et rendu hommage aux différents partenaires, avant d’inviter les populations de Bouna à faire de la sauvegarde de cet édifice une responsabilité collective. Au-delà de sa vocation religieuse, la mosquée de Limamiso demeure ainsi un témoignage exceptionnel de l’histoire architecturale et culturelle du Bounkani.
(AIP)
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