Yamoussoukro, 18 août 2026 (AIP) – Un atelier consacré à l’élaboration d’un cadre stratégique pour la formation continue des enseignants des établissements privés de l’enseignement technique et de la formation professionnelle s’est ouvert lundi 17 août 2026 à Yamoussoukro, avec pour objectif de renforcer leurs compétences et d’améliorer la qualité des enseignements dispensés aux apprenants.
Cette rencontre, qui va durer quatre jours, vise à poser les bases d’un dispositif structuré, durable et opérationnel de formation continue des enseignants du privé, afin de renforcer leurs compétences professionnelles et, par conséquent, la qualité des apprentissages dispensés aux apprenants.
A l’ouverture des travaux, les responsables du secteur ont souligné le poids déterminant des établissements privés dans le système national d’enseignement technique et de formation professionnelle. Ceux-ci représentent près de 90 % du parc d’établissements, accueillent plus de 70 % des apprenants et comptent 5 583 enseignants.
« La qualité d’un système éducatif repose avant tout sur la qualité de ses enseignants », a relevé le représentant du ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Harryson Assanvo, insistant sur l’importance particulière de cette exigence dans un secteur où la formation théorique doit être étroitement articulée à la pratique professionnelle.
Selon les données présentées lors de la cérémonie, seuls 417 enseignants sur un effectif de 5 583 ont bénéficié d’une formation continue entre 2023 et 2025. En outre, 4 515 enseignants exercent actuellement hors du cadre formel. Ces chiffres, ont estimé les intervenants, illustrent l’ampleur du défi à relever pour accompagner les personnels qui contribuent à la formation de la majorité des apprenants du secteur.
Le président du comité scientifique, Kouakou Sainy, a indiqué que les travaux devront être conduits autour de trois exigences : la rigueur, la concertation et le pragmatisme. Les recommandations devront ainsi s’appuyer sur des données fiables et des réalités de terrain, tout en résultant d’une concertation entre les différentes parties prenantes et en demeurant réalistes au regard des capacités institutionnelles et financières du système.
Au cours des quatre jours, les participants devront notamment établir un diagnostic du dispositif actuel de formation des enseignants des établissements privés, identifier les pistes d’amélioration, définir des mécanismes d’appui institutionnel et financier et élaborer une feuille de route destinée à guider les actions futures.
Les autorités ambitionnent ainsi de dépasser la simple production d’un document de référence pour jeter les bases d’un véritable dispositif de professionnalisation continue des enseignants du privé. Cette démarche s’inscrit dans les réformes engagées pour faire de l’enseignement technique et de la formation professionnelle un levier d’employabilité, de compétitivité et de croissance inclusive.
L’atelier bénéficie notamment de l’appui du Projet de gouvernance et de développement de l’éducation et de la compétence (PGDEC III), avec le soutien de la Banque mondiale.
Le représentant du ministre a appelé les participants à privilégier des échanges « francs et constructifs », orientés vers des solutions concrètes, applicables et soutenables. Les conclusions de la rencontre sont particulièrement attendues par le ministère, qui fait de la qualité des personnels enseignants l’un des axes majeurs de sa vision pour l’enseignement technique et la formation professionnelle.
Les travaux officiellement ouverts lundi devront ainsi déboucher sur un projet de cadre stratégique assorti d’actions prioritaires, destiné à améliorer durablement la formation des enseignants des établissements privés et, à terme, la qualité de l’offre de formation proposée aux jeunes Ivoiriens.
(AIP)
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