Bouna, 6 sept 2025 (AIP)–Le chercheur sénior à l’Institut de sécurité (ISS), Dr William Assanvo, a expliqué les sources de financement des groupes extrémistes violents dans les zones frontalières, lors d’un atelier organisé vendredi 05 septembre 2025 à Bouna, dans le cadre du Projet d’appui à la réduction des effets déstabilisants de la criminalité transnationale organisée (M-TOC).
Dans sa communication sur le thème : « Liens entre activités économiques illicites, criminalité organisée et extrémisme violent », Dr Assanvo a mis en lumière les mécanismes par lesquels les réseaux criminels exploitent les économies informelles et les trafics illicites pour financer des groupes extrémistes violents tels qu’Al Qaïda et l’État islamique.
Selon lui, ces interactions sont particulièrement visibles dans les zones fragiles ou en conflit, où l’absence de contrôle de l’État favorise l’implantation et le développement de tels réseaux.
Les activités concernées sont notamment le vol de bétail, le trafic de carburant et l’orpaillage clandestin, a-t-il précisé. Ces pratiques criminelles alimentent un système parallèle qui profite directement aux groupes armés. À travers ce schéma, les ressources naturelles, les drogues ou encore les armes deviennent des sources de financement pour l’extrémisme violent.
Le chercheur a souligné que l’absence de contrôle étatique, la corruption et la pauvreté chronique créent un terreau fertile à ces dynamiques. Ces facteurs combinés, a-t-il expliqué, rendent les populations frontalières vulnérables à la manipulation des groupes extrémistes, accentuant ainsi l’instabilité sécuritaire et sapant les efforts de développement et de consolidation de la paix.
Il s’est félicité de l’élaboration et de la mise en œuvre par la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI) de la Politique nationale de gestion intégrée des frontières (PNGIF-CI), qui se présente comme un instrument pertinent pour la sécurisation des zones frontalières et le renforcement de la résilience des populations face aux menaces transfrontalières.
(AIP)
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