Yamoussoukro, 08 juin 2026 (AIP) – Le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) a engagé l’élaboration d’un projet de loi visant à encadrer la garde des enfants de zéro à huit ans en Côte d’Ivoire, en vue de renforcer à la fois le développement du capital humain et l’autonomisation économique des femmes, a indiqué la conseillère technique de la ministre, Mme Koutouan Félicité.
Elle s’exprimait à l’ouverture d’un atelier de validation de l’avant-projet de loi tenu à Yamoussoukro, consacré à l’examen du dispositif juridique en préparation.
Mme Koutouan a expliqué que cette initiative répond à un double enjeu de développement inclusif : d’une part, permettre aux femmes de concilier vie familiale et activité professionnelle, et d’autre part, garantir un meilleur encadrement de la petite enfance.
« Lorsqu’une femme est contrainte de renoncer à une activité professionnelle pour assurer la garde de son enfant, c’est une force de travail qui sort du circuit économique, avec un impact sur la productivité nationale », a-t-elle souligné.
La collaboratrice de la ministre Nassénéba Touré a également mis en évidence les défis liés à la prise en charge de la petite enfance, estimant qu’environ 4,5 millions d’enfants âgés de zéro à cinq ans ne bénéficient pas encore de dispositifs de garde adaptés. Le taux de préscolarisation des enfants de trois à cinq ans est évalué à 12,7%, tandis que celui des enfants de moins de deux ans demeure autour de 1%.
Cette situation s’explique notamment par l’insuffisance des infrastructures d’accueil, la Côte d’Ivoire ne comptant actuellement que six crèches publiques et une dizaine de structures privées sur l’ensemble du territoire.
La conseillère technique a également relevé l’absence d’un cadre juridique spécifique encadrant la garde des enfants de zéro à huit ans, une lacune que le futur texte entend combler afin de garantir un environnement sécurisé et favorable au développement harmonieux de l’enfant.
Selon elle, l’avant-projet de loi, élaboré après trois mois de travaux, vise à corriger les insuffisances du dispositif actuel et à structurer durablement le secteur de la petite enfance.
Après validation technique, le texte sera soumis au gouvernement, puis au Parlement. Mme Koutouan a exprimé l’espoir que la Côte d’Ivoire dispose, d’ici fin 2026, d’un cadre juridique complet pour la prise en charge et la garde des jeunes enfants.
Cette réforme devrait contribuer à renforcer la protection de la petite enfance tout en favorisant une plus grande participation des femmes à la vie économique.
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