Vavoua, 11 juil 2025 (AIP) – À Vavoua, dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire, Kalou Benson Toussaint Zagret, la trentaine, a trouvé dans la coiffure féminine un métier rentable et une voie d’autonomie. Surnommé “Ben”, il s’est imposé dans un secteur majoritairement occupé par les femmes, en misant sur une technique capillaire très prisée : les Loks.
Originaire de Sébouafla, un quartier de Vavoua, Ben a quitté l’école au collège avant de tenter sa chance à Abidjan. Après un passage dans la maçonnerie, il découvre la coiffure dans un salon de quartier. “Un jour, j’ai pris la tondeuse et coiffé quelqu’un. Depuis, je n’ai plus lâché”, se souvient-il.
Il débute avec la coiffure masculine, mais se tourne rapidement vers les Loks féminins, qu’il apprend en autodidacte sur Internet. Une orientation stratégique, selon lui, car les femmes se coiffent plus souvent que les hommes. Issu d’une fratrie de six sœurs et inspiré par sa mère, autrefois coiffeuse au village, Ben comprend vite le potentiel économique de cette activité.
De retour à Vavoua, il se sert de sa compagne comme modèle pour tester ses créations. Les coiffures attirent l’attention et lui valent ses premières clientes. “Elles ont aimé ce qu’elles voyaient sur elle”, explique-t-il.
Installé depuis deux ans, il rayonne désormais au-delà de la ville. Des clientes venues de Séguéla, Kani, Man, Bouaflé ou Daloa sollicitent ses services. Il facture entre 20 000 et 25 000 FCFA par coiffure, avec une capacité moyenne de trois prestations par jour. Les frais de déplacement sont pris en charge par les clientes elles-mêmes. “Je ne me déplace que s’il y a au moins trois rendez-vous confirmés”, précise-t-il.
Grâce à ce métier, Ben vit aujourd’hui avec sa famille dans une maison qu’il loue. “Je suis autonome, je ne dépends plus de mes parents”, dit-il avec fierté.
Il ambitionne d’ouvrir un salon de renom à Vavoua pour former d’autres jeunes, en particulier les garçons déscolarisés. “Un métier n’a pas de genre. Il faut être propre, respectueux et sérieux, surtout lorsqu’on travaille avec les femmes”, insiste-t-il.
Ben poursuit sa formation en ligne et reste à l’affût des nouvelles tendances. Il lance un appel aux autorités et aux partenaires pour un appui matériel et financier afin de concrétiser son projet.
(AIP)
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