Abidjan, 13 nov 2025 (AIP) – La Maison de la communauté de Sant’Egidio a abrité, mercredi 12 novembre 2025, à Abidjan Treichville la cérémonie de mémoire et de prière intitulée « Mourir d’espérance », un événement dédié aux migrants disparus lors de leur périple vers l’Europe.
La rencontre, empreinte d’émotion, a été marquée par des gestes de solidarité, de recueillement et une profonde sensibilité pastorale.
Présidée par l’évêque de Bondoukou, Monseigneur Bruno Yedoh, par ailleurs vice-président de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire et président de la commission épiscopale de la pastorale sociale, la cérémonie a réuni plusieurs prêtres, des acteurs communaux et associatifs, ainsi que les secrétaires nationaux exécutifs des pastorales de la Santé, de Justice-Paix-Environnement, de la Caritas et de l’Apostolat de la Mer et des Migrants.
Tous collaborent étroitement avec la Communauté de Sant’Egidio dans la réalisation de ce projet de mémoire et d’espérance.
Le cœur de la rencontre a été rythmé par plusieurs récits de migrants ayant survécu à leur parcours, ainsi que par des témoignages sur ceux qui ont tragiquement perdu la vie.
L’histoire de deux jeunes Ivoiriens mariés, résidant à Songon, décédés au large de la Tunisie après le chavirement de leur embarcation le 22 octobre 2025, a profondément ému l’assemblée. Ce drame, relaté par la presse nationale, a rappelé la réalité dramatique des migrations périlleuses.
Un autre moment a été le témoignage de Touré Roméo, migrant de retour, qui a raconté son périple vers l’Europe via le Mali et la Libye. Après avoir vécu des conditions extrêmement difficiles et frôlé la mort, il a finalement décidé de rebrousser chemin et de reconstruire sa vie grâce à l’appui d’une ONG locale à Abidjan.
Dans son intervention, Mgr Bruno Yedoh a mis en lumière l’importance de cette initiative :
« Cette initiative est une invitation à la vigilance et à l’engagement commun. Que l’Église et toutes les familles s’impliquent activement pour protéger nos jeunes et offrir des alternatives solides et humaines à la tentation de routes périlleuses ».
Il a également appelé l’Église, les familles et les communautés à renforcer leurs efforts de sensibilisation auprès des jeunes, afin de prévenir les risques liés à la migration clandestine.
Au cours de la cérémonie, l’évêque a déposé un bouquet de fleurs au pied de la croix, en signe de solidarité et de commémoration des vies perdues. L’atmosphère de recueillement a atteint son apogée lorsque « Amazing Grace » a été interprété à l’harmonica par Giacomo, membre de Sant’Egidio, avant d’être repris en chœur par l’assemblée.

De nombreuses personnalités ont pris part à cette cérémonie, parmi lesquelles des religieuses du réseau TALITAKUN, le directeur de la Chambre de commerce Italienne en Côte d’Ivoire, des représentants des associations des quartiers Arras et Marcory, ainsi que diverses organisations chrétiennes dont les Focolari.
Pour le représentant de la communauté de Sant’Egidio, Georges Adon, cet événement allie mémoire et action :
« Mourir d’espérance est un temps de mémoire, mais aussi un appel à l’action. Nous continuerons à œuvrer avec les communautés locales pour informer, accompagner et soutenir les personnes les plus vulnérables dans le cadre d’un vivre-ensemble pacifique et solidaire.
La cérémonie est organisée depuis plusieurs années en Côte d’Ivoire grâce à la collaboration entre la Pastorale des migrants, la pastorale des réfugiés et l’apostolat de la mer, en partenariat avec la communauté de Sant’Egidio. Ensemble, ces acteurs ecclésiaux et associatifs s’engagent pour la mémoire des migrants disparus et la défense de la dignité humaine.
En privilégiant la prière, le recueillement et la sensibilisation, Sant’Egidio et ses partenaires adoptent une démarche résolument tournée vers la prévention, l’accompagnement et la solidarité auprès des jeunes et de leurs familles confrontés aux dangers de la migration irrégulière.
Fondée à Rome en 1968, la communauté de Sant’Egidio est un mouvement chrétien présent dans plus de 70 pays. Elle œuvre pour la paix, la solidarité et la dignité humaine à travers des actions en faveur des personnes vulnérables : lutte contre la pauvreté, soutien aux enfants et aux personnes âgées, assistance aux détenus, intégration des migrants et promotion du dialogue interreligieux.
Active depuis plus d’une décennie en Côte d’Ivoire, la communauté mène diverses initiatives, notamment un service de repas et d’écoute pour les personnes atteintes de troubles mentaux au Centre psychiatrique de Bingerville, des actions de solidarité dans les quartiers défavorisés, une École de la paix pour les enfants vulnérables et le projet « Mourir d’Espérance », en collaboration avec les structures ecclésiales locales.
(AIP)
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