Korhogo, 1er avr 2026 (AIP)- Le Comité départemental de surveillance des décès maternels et de riposte (SDMR) des districts sanitaires de Korhogo 1 et 2, a révélé, mardi 31 mars huit décès maternel lors d’une réunion bilan à Korhogo.
Le préfet par intérim de Korhogo, Digbé Dahier Romain, a appelé à une implication accrue des populations dans la fréquentation des structures de santé. Il a insisté sur la nécessité d’améliorer les conditions d’accès aux services sanitaires, relevant plusieurs insuffisances structurelles, notamment l’absence d’électricité, d’eau et de clôtures dans certains établissements.
Il a annoncé son intention de soumettre ces préoccupations aux instances compétentes, notamment au conseil municipal, afin d’examiner leur faisabilité et de mobiliser les ressources nécessaires pour y remédier.
« Il est important de construire d’abord les infrastructures, mais aussi de prévoir leur raccordement en eau et en électricité pour garantir leur fonctionnement optimal », a-t-il souligné, tout en déplorant les limites constatées dans certains équipements publics, y compris des écoles et centres de santé.
Au-delà des aspects infrastructurels, le préfet Digbé Dahier Romain a lancé un appel aux guides religieux, chefs traditionnels et leaders communautaires à relayer les messages de sensibilisation auprès des populations. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de consulter précocement les structures sanitaires.
« Nous devons sensibiliser nos parents, nos frères et sœurs à fréquenter les centres de santé à temps. Trop souvent, les patients arrivent tard, lorsque leur état est déjà critique », a-t-il regretté, évoquant des situations où des vies auraient pu être sauvées avec une prise en charge précoce.
Selon les données présentées par la coordonnatrice santé mère-enfant, Prudence N’Guessan épouse Kouadio, huit cas de décès maternels ont été enregistrés au cours du premier trimestre 2026 dans les deux districts sanitaires de Korhogo. La moitié de ces décès est liée à des hémorragies du post-partum immédiat, tandis que 62 % des patientes n’avaient pas respecté les consultations prénatales recommandées.
L’analyse a également révélé que 75 % des décès surviennent après l’accouchement et que la majorité des cas sont enregistrés dans les établissements sanitaires, traduisant des insuffisances dans la prise en charge ou des arrivées tardives des patientes.
Face à cette situation, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment le renforcement de la sensibilisation communautaire, l’amélioration du système de référence des patientes et le renforcement des capacités du personnel de santé.
Clôturant son intervention, le préfet a exhorté l’ensemble des acteurs à s’approprier les conclusions de la rencontre et à agir de manière concertée pour réduire significativement la mortalité maternelle dans la région du Poro.
(AIP)
ss/zaar

