Abidjan, 8 mai 2026 (AIP)- Le Centre d’études prospectives (Cep) a tenu, jeudi 7 mai 2026 à l’hôtel Tiama au Plateau, la 7ᵉ édition de son Club prospectives, consacrée aux nouvelles découvertes énergétiques et minières en Côte d’Ivoire, préconisant d’investir le pétrole et les mines dans l’éducation pour une prospérité durable.
Sous le thème « Pétrole, gaz et mines, quelle gouvernance pour en faire un levier de développement durable ? », cette rencontre a réuni experts, membres du gouvernement et partenaires internationaux, dont, le président de la Cop 15, Alain-Richard Donwahi et la coordinatrice résidente des Nations Unies.
« La Côte d’Ivoire est à l’aube d’une manne extractive sans précédent dans son histoire récente. Les fenêtres d’opportunité, comme les fenêtres géologiques, ne s’ouvrent pas deux fois de la même manière », a déclaré le ministre des Ressources animales et halieutiques et président du Cep, Sidi Tiémoko Touré, en clôture des travaux. Selon lui, sans capital humain, les ressources naturelles ne sont que « matière brute ».
Cofondateur du Cep, Alain-Richard Donwahi a plaidé pour qu’une part significative et pérenne des revenus pétroliers, gaziers et miniers soit orientée vers la transformation du système éducatif.
« L’éducation est le socle de toute transformation économique à long terme. Orienter ces revenus vers l’enseignement technique et professionnel, la recherche et l’innovation, c’est convertir une richesse finie en une puissance véritablement durable », a-t-il insisté, appelant à bâtir « le capital humain qui, demain, prendra le relais de nos ressources extractives ».
Mettant en garde contre une dépendance technologique, M. Donwahi a souligné la nécessité d’anticiper les compétences requises par la transition énergétique. « Notre devoir est de préparer la jeunesse ivoirienne à occuper des postes à forte valeur ajoutée, plutôt que de laisser ces opportunités être saisies par des expertises extérieures », a-t-il martelé.

Le conseiller technique du ministère des Mines, du pétrole et de l’énergie, Ambroise Gnamien a résumé l’enjeu en ces termes. « Le sous-sol doit financer ce qui va survivre au sous-sol », a-t-il indiqué.
Les panélistes ont proposé un mix des modèles norvégien (gouvernance démocratique) et singapourien (économie de la connaissance), tout en appelant à renforcer la formation locale. « Il faut que les formateurs viennent former en Côte d’Ivoire au lieu que les jeunes partent se former à l’extérieur », a renchéri le Dr Sylvain N’Goran.
À l’issue de cette 7ᵉ édition, le Cep formulera des recommandations pour une meilleure gouvernance des ressources énergétiques et minières, afin que la manne profite durablement à la jeunesse ivoirienne.
(AIP)
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