Taï, 20 juil 2025 (AIP) – L’ONG Wêglohadé (« Pour la cause du peuple Wê ») a exhorté, vendredi 18 juillet 2025, lors d’une rencontre tenue au Foyer des jeunes de Taï, les populations du département à fédérer leurs efforts pour préserver au mieux les intérêts du peuple Wê, à travers son patrimoine foncier rural et la cohésion sociale.
S’appuyant sur les informations recueillies auprès de l’Agence foncière rurale (AFOR), les élus locaux avec à leur tête, le député de Guiglo sous-préfecture Hubert Oulaye, ont encouragé les populations, non seulement, à s’impliquer dans la prochaine campagne d’attribution de certificats fonciers afin de sécuriser et mieux rentabiliser leur patrimoine foncier, mais surtout à s’impliquer dans le processus avec la transparence et la loyauté qui en garantiront des résultats plus durables. « Il ne s’agit pas de susciter des litiges avec nos frères allochtones et allogènes, en tentant de les déposséder de leurs exploitations. Faisons en sorte de garantir les droits de propriété et d’exploitation en préservant la cohésion entre les différentes communautés concernées », a ajouté le député Oulaye.
Jeunes, femmes et chefs coutumiers Wê ont, en marge de la question du foncier rural, exprimé de vives inquiétudes à propos de la circulation de chasseurs traditionnels du nord de la Côte d’Ivoire, communément appelés « Dozos », dans les localités du département avec des armes blanches et des armes à feu.
Chef de terre du canton Oubi, Sio Toh, s’est inquiété de la persistance du port d’armes, non officiellement autorisées par des individus autres que les forces de l’ordre, phénomène qui représenterait, selon lui, une menace potentielle pour la sécurité des personnes et des biens, dans le département de Taï, et dans tout le pays Wê, qui englobe les régions du Guémon et du Cavally. D’où l’intérêt d’un traitement urgent de la question des « Dozos », pour assurer à l’ensemble des populations, Wê ou autres, plus de quiétude et d’assurance sécuritaire.
Au titre du patrimoine culturel du groupe ethnique Wê, les chefs coutumiers Oubi, Dao et Gnéo déplorent l’érection unilatérale et non conforme aux us et coutumes de cette contrée du pays, d’une « chefferie suprême des Wê », sise à Abidjan, et la désignation non consensuelle d’un supposé « Chef suprême des Wê », en la personne de Guy Joseph Monsio. Pour la cohésion et l’unité des Wê, les élus locaux et chefs coutumiers ne se reconnaissant pas en une telle initiative, se sont engagés à saisir le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, afin de faire cesser les activités de ceux qui en sont les initiateurs.
Bien qu’officiellement apparenté au groupe ethnique Krou, l’ethnie Oubi a des us et coutumes plus proches de ceux des Guéré, une ethnie du groupe Wê. Pour rappel, le 12 juin 2025, à Guiglo, les chefs coutumiers du Cavally et du Guémon avaient pondu une déclaration publique commune, récusant la désignation du prétendu chef suprême des Wê, comme une forfaiture.
(AIP)
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