Gagnoa, 21 mai 2026 (AIP)- Le maire de la commune de Ouragahio (17 km de Gagnoa), Dr Pierre Dacoury-Tabley, a lancé officiellement mercredi 20 mai 2026 à la salle de délibération de la mairie, les travaux de co-construction de la mission de cadrage pour l’élaboration de la stratégie communale de l’Economie sociale et solidaire(ESS) 2026-2030, et du déploiement du Dispositif local d’accompagnement (DLAA).
L’ESS est l’économie des associations, des sociétés coopératives, des mutuelles de développement, des groupes d’entraide, des organisations de la société civile en général, a expliqué le chef de mission, Sylla Aboubakari, expert de l’économie sociale spéciale et solidaire. Il s’agit de structures qui ont identifié un besoin sur un territoire donné, et qui cherchent à apporter une réponse à ces besoins, tout en s’organisant.
M. Sylla a précisé que la réponse identifiée doit être plus économique, parce qu’elle doit lutter contre la pauvreté, en créant de la richesse et de l’emploi, en préservant l’environnement, tout en demeurant ancré sur le territoire où il a été créé. « Tu ne peux répondre à un besoin en allant t’installer ailleurs. Là où tu es conçu, c’est à ce lieu que tu dois répondre à ce besoin. Et c’est comme ça que fonctionne l’ESS», a-t-il rappelé.
Il a exhorté Ouragahio a adopté en conseil municipal l’économie sociale et solidaire avec son dispositif et présenté un programme au gouvernement, qui permettra de labelliser Ouragahio en tant que commune ESS. « On appelle cela labellisation collectivité ESS », a-t-il confié.
Aucune collectivité en Côte d’Ivoire n’est labellisée à ce jour et aucune n’a sa stratégie adoptée en conseil municipal. Par contre, dit-il, en matière de processus, Ouragahio est la seule commune ivoirienne, qui est en train de respecter le processus de la mise en place d’un dispositif avec la méthodologie de la gouvernance locale. Elle consiste à faire les consultations, rencontrer le conseil municipal, les élus, les populations, faire le diagnostic et faire une proposition de stratégie et de programme.
Le programme élaboré sera le programme de l’économie sociale et solidaire de Ouragahio 2025-2030, et sera aligné au Programme national de développement (PND) 2026-2030, a assuré l’expert.
« C’est un virage historique pour notre commune », a déclaré le maire de Ouragahio. Il s’est réjoui que la Côte d’Ivoire ait franchi un « cap historique » avec l’adoption, le 02 avril 2026, de la loi-cadre relative à l’économie sociale et solidaire.
Cette loi, adossée à la stratégie nationale 2025-2027, « sonne l’heure d’un changement de paradigme économique profond », a confié Pierre Dacoury-Tabley. Il a assuré que l’ESS place l’humain, la solidarité et l’impact environnemental au cœur de la création de richesse.
Pour le maire, Ouragahio est une commune qui a un potentiel en termes de vivacité de ces populations. L’enjeu est d’arriver à mieux organiser, avoir un dispositif qui puisse faire en sorte que son économie locale soit bien structurée et donner des résultats identiques, à ceux observés dans d’autres pays, et dont profitera la population locale.
Saluant l’expertise ivoirienne qui permet de s’engager et de s’impliquer dans l’économie sociale et solidaire, le premier magistrat a estimé que l’ESS est la garantie d’un retour positif au niveau des populations. « Comment transmettre l’informel en entreprise, comment réduire le niveau de l’informel, c’est aussi dynamiser l’économie locale », a-t-il dit.
Un dispositif local en rapport avec le cabinet sera mis en place dans un horizon de 24 mois, et ce dans le cadre de la co-construction, le temps de transformer les structures, former les acteurs et populations, s’est promis Dr Dacoury-Tabley. Un an pour mettre en place le dispositif et une année pour sentir les résultats, a-t-il défendu.
Parlant de la réussite de la feuille de route 2026-2030, il a expliqué qu’elle repose sur un mot-clé : la co-construction. « Rien ne se fera sans vous. Elus, agents municipaux, leaders communautaires, présidents de coopératives, vous êtes les architectes de cette transformation », a-t-il promis.
Un comité de suivi qui sera en relation avec l’équipe de l’économie sociale et solidaire, afin de produire le travail de terrain et faire en sorte que les populations soient davantage organisées et que ce travail profite à chacun et à toute la population.
(AIP)
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