Bondoukou, 04 juin 2026 (AIP) – Les organisations de la société civile (OSC) ont été invitées à renforcer leurs mécanismes de contrôle interne, leur transparence financière afin de prévenir les risques de blanchiment des capitaux, de financement du terrorisme, lors d’un atelier de formation et de vulgarisation de l’ordonnance n°2024-368 du 12 juin 2024 relative à l’organisation de la société civile.
Cette recommandation a été formulée mercredi 03 juin 2026, à Bondoukou par le directeur des Affaires générales à la Direction générale de l’administration du territoire (DGAT), le préfet hors grade Bouakary Berthé, à l’occasion de la deuxième journée d’un atelier de renforcement des capacités des acteurs de la société civile des régions du Gontougo et du Bounkani.
« Il faut qu’il y ait une bonne gouvernance, une comptabilité claire et une transparence dans la gestion. Les fonds reçus doivent servir effectivement à la réalisation de l’objet social des organisations et non être détournés à des fins de blanchiment des capitaux ou de financement du terrorisme », a déclaré M. Berthé.
Selon lui, les articles 64 à 69 de l’ordonnance traitent spécifiquement des dispositifs de lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. Ces dispositions visent à protéger les organismes à but non lucratif contre toute instrumentalisation à des fins illicites tout en renforçant leur crédibilité auprès des partenaires techniques et financiers.
Le directeur des Affaires générales de la DGAT a expliqué que cette réforme est née des insuffisances constatées dans l’application de la loi n°60-315 du 21 septembre 1960 relative aux associations, notamment en matière de gouvernance, de financement et de procédures administratives.
« L’objectif est de faire en sorte que les organisations de la société civile ne soient pas abusées ou utilisées pour blanchir des capitaux ou financer le terrorisme. Il leur est demandé d’observer des mesures de vigilance, de savoir avec qui elles traitent et de mettre en place une gouvernance transparente », a-t-il indiqué.
Abordant les critiques formulées lors de l’adoption de l’ordonnance, Bouakary Berthé a estimé qu’elles découlaient essentiellement d’une mauvaise compréhension du texte.
« Beaucoup de commentaires ont été faits sans une lecture approfondie de l’ordonnance. Certains pensaient que l’État voulait museler la société civile ou limiter ses libertés. Les échanges que nous avons avec les acteurs montrent aujourd’hui qu’il s’agissait surtout d’une incompréhension des dispositions du texte », a-t-il affirmé.

Il a également invité les organisations déjà constituées à examiner leurs textes et leur mode de fonctionnement afin de se conformer, le cas échéant, aux nouvelles exigences prévues par l’ordonnance.
« Cette ordonnance n’est pas contre les organisations de la société civile. Au contraire, elle vise à résoudre les difficultés identifiées, à améliorer leur fonctionnement et à renforcer leur crédibilité auprès des bailleurs de fonds et des partenaires », a-t-il soutenu.
L’atelier a été initié par la Direction générale de l’administration du territoire (DGAT), avec l’appui du Projet d’appui à la société civile ivoirienne (PACI), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Save the Children.
(AIP)
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