Banjul (Gambie), 18 sept 2026 (AIP)- Les lampions se sont éteints jeudi 17 septembre 2026 sur la première conférence annuelle inaugurale de l’Autorité régionale de la concurrence de la CEDEAO (ARCC), ouverte mardi à Banjul, en Gambie, sous le thème « Politique de concurrence et intégration des marchés dans la CEDEAO : enjeux, défis et opportunités », avec la conviction des experts économistes, juristes et participants que la concurrence tient une place prépondérante dans la réalisation de l’ambition de bâtir un espace ouest-africain intégré et économiquement développé, tout en favorisant le progrès humain.
Une définition macroéconomique de la concurrence dans le contexte de l’espace communautaire de la CEDEAO
La concurrence dans l’espace de la CEDEAO désigne l’ensemble des mécanismes économiques et institutionnels qui permettent aux entreprises opérant dans les États membres de rivaliser sur un marché régional intégré, dans des conditions équitables, afin de favoriser l’efficacité productive, l’investissement, l’innovation et la croissance économique.
Elle contribue à la libre circulation des biens et des services, à l’amélioration de la productivité, à la maîtrise des prix et à une meilleure allocation des ressources. .
Des autorités et des experts convaincus que le renforcement de la concurrence va accélérer l’intégration régionale et le développement économique
Les interventions des experts, notamment celle du président de la Commission de la CEDEAO, le général Birame Diop, lors de l’ouverture des assises, mardi, ont mis en évidence l’importance d’une politique de concurrence efficace pour accompagner les efforts d’intégration économique engagés dans la région ouest-africaine.
La mise en place d’un cadre concurrentiel solide demeure essentielle pour lever les barrières au marché, relever les défis liés à la croissance et faire émerger de nouvelles opportunités pour les États membres.
Il s’agit de rapprocher les marchés nationaux afin de créer un espace économique plus vaste, capable de favoriser les économies d’échelle, une plus grande spécialisation, le renforcement des chaînes de valeur régionales, l’innovation et l’élargissement du choix offert aux consommateurs et encouragé des prix plus compétitifs, a soutenu le général Birame Diop.
Pour sa part, l’ancien commissaire chargé de la politique macroéconomique de la Commission de la CEDEAO, Pr Bamba N’galadjo Lambert, a souligné que la concurrence constitue un facteur essentiel de la croissance économique. Il a expliqué qu’elle incite les entreprises à améliorer leur productivité et à renforcer leurs performances.
Un plaidoyer pour une coopération entre l’autorité régionale de la concurrence et les instances nationales
Le directeur exécutif de l’ARCC, Siméon Konan Koffi, a exprimé le souhait de voir se concrétiser une coopération effective entre l’autorité régionale et les instances nationales de régulation, afin de permettre aux autorités de détecter les pratiques anticoncurrentielles, de mener des enquêtes, de coordonner leurs actions et de protéger les populations. Cette coopération doit, à terme, favoriser une action efficace contre les comportements anticoncurrentiels qui affectent le marché régional.
L’Autorité régionale de la concurrence ne peut, à elle seule, assurer pleinement sa mission, les autres institutions étant également essentielles à la régulation de la concurrence.
La nécessité de garantir une concurrence effective dans les secteurs stratégiques
Dans les secteurs stratégiques, notamment les télécommunications, l’électricité et l’eau, l’ARCC est appelée à garantir les conditions techniques et économiques nécessaires à l’application effective du droit de la concurrence.
Il apparaît essentiel de mettre en place les conditions permettant à la concurrence de s’exercer effectivement. Le régulateur doit notamment veiller à ce que l’accès aux infrastructures soit équitable et transparent pour l’ensemble des acteurs du marché.

L’instauration d’un dialogue multipartite pour une meilleure application de la loi sur la concurrence
Un dialogue multipartite impliquant les autorités de régulation, les pouvoirs publics, les entreprises, les consommateurs et les organisations professionnelles favorise une meilleure application de la loi sur la concurrence. Des mécanismes organisationnels, décisionnels et comportementaux peuvent contribuer à instaurer un dialogue durable entre l’autorité chargée de faire respecter les règles, les régulateurs sectoriels, les pouvoirs publics et les acteurs économiques, a expliqué le vice-président de l’Autorité de la concurrence de France, Vivien Terrien.
Trois actions prioritaires pour l’ARCC

Selon le directeur exécutif de l’ARCC, Siméon Konan Koffi, les travaux de la conférence ont permis de dégager trois actions prioritaires que doit mener l’autorité régionale.
La première consiste à renforcer et à moderniser le cadre juridique de l’institution. « Notre loi a été adoptée en 2008, et nous avons commencé à l’implémentation en 2019, effectivement en 2024 » a-t-il relevé.
La deuxième action vise à soutenir, à différents niveaux, la coopération avec les instances nationales de régulation de la concurrence ainsi qu’avec les structures sous-régionales. Enfin, l’ARCC entend veiller à la mise en œuvre effective de sa vision.
Les recommandations de la conférence
Présentées sous forme de déclaration, les recommandations des participants à la conférence ont notamment porté sur le fonctionnement de l’ARCC et le renforcement de sa coopération avec les instances nationales.
Ainsi, les participants ont recommandé de charger la Commission de la CEDEAO d’élaborer, dans un délai à déterminer, un programme régional pour la réforme et l’application effective du droit de la concurrence. Celui-ci devra inclure des objectifs, des indicateurs, des responsabilités, des échéances ainsi que des mécanismes de suivi de sa mise en œuvre.
Ils suggèrent également que ce programme intègre, au minimum, la réforme du cadre juridique régional et la réalisation d’un examen global de la modernisation du cadre communautaire de la concurrence, conformément au protocole de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et à l’évolution des marchés.
Les participants ont, par ailleurs, préconisé d’accélérer l’intégration des règles communautaires dans les législations nationales et de moderniser les dispositifs juridiques internes.
Ils recommandent également la mise en place ou le renforcement d’autorités nationales de la concurrence dans chaque État membre. Ces structures devront être opérationnelles, autonomes et disposer de ressources pérennes.
Concernant le renforcement de l’ARCC, les participants ont préconisé de garantir son autonomie opérationnelle grâce à la disponibilité de ressources financières, à la mise à disposition d’un personnel doté de compétences techniques adéquates et au respect des normes institutionnelles.
(AIP)
tad/fmo

