Abidjan, 7 nov 2026 (AIP) – Le gouvernement ivoirien entend mobiliser davantage de capitaux et promouvoir le numérique pour accélérer la transformation locale des produits agricoles et renforcer la souveraineté alimentaire, industrielle et énergétique du pays, a indiqué vendredi 6 novembre 2026 à Abidjan, le représentant du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Kamathé Amara.
S’exprimant à l’ouverture de la deuxième édition du Salon international de l’investissement (SII 2026), organisée les 5 et 6 novembre à l’espace JECKAD événementiel, à Cocody Angré, M. Kamathé a souligné la nécessité de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national à travers des investissements dans les secteurs stratégiques.
Placée sous le thème « Bâtir une souveraineté alimentaire, industrielle et énergétique à l’ère du numérique », cette rencontre organisée par Génération Régie vise à rapprocher les entreprises ivoiriennes des capitaux, des expertises et des marchés nécessaires à leur développement.
Au nom du ministre Bruno Nabagné Koné, le représentant a rappelé que l’agriculture contribue à près de 20 % du produit intérieur brut (PIB) et emploie plus de 60 % de la population active. Il a estimé que la consolidation de ce secteur constitue un enjeu majeur pour la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.
Il a notamment relevé les progrès enregistrés dans la transformation des matières premières agricoles, avec un taux de broyage du cacao passé de 26 % en 2020-2021 à 42 % en 2023-2024, tandis que celui de l’anacarde est passé de 12 % en 2020 à plus de 36 % en 2024.
Pour poursuivre cette dynamique, le ministère mise sur cinq axes prioritaires, notamment la souveraineté alimentaire, la compétitivité des chaînes de valeur agricoles, le financement du secteur, la sécurisation du foncier rural et la durabilité des systèmes de production.
S’agissant de la souveraineté alimentaire, M. Kamathé a appelé à accroître les productions nationales de riz, de manioc, d’igname et de banane plantain afin de réduire la dépendance aux importations. Il a rappelé l’orientation du ministre Bruno Nabagné Koné, qui consiste à « produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons ».
Il a également plaidé pour un renforcement des capacités des petites et moyennes entreprises agro-industrielles et le développement des agropoles afin d’accroître la transformation locale et de favoriser la création d’emplois, particulièrement au profit des jeunes et des femmes.
Abordant la question énergétique, il a préconisé la valorisation de la biomasse agricole, notamment les résidus de cacao, les coques d’anacarde et les bagasses, pour contribuer à l’approvisionnement des unités industrielles.
Le financement demeure également un défi, le secteur agricole ne captant qu’environ 4 % des crédits bancaires, selon le représentant du ministre. Il a invité les banques, les assurances, les institutions de microfinance et les investisseurs à renforcer leur accompagnement des acteurs agricoles à travers les mécanismes de garantie, les partenariats public-privé et la finance verte.
Concernant la durabilité des productions, il a insisté sur la nécessité de renforcer la traçabilité des produits agricoles, notamment au regard du règlement européen sur la déforestation. La géolocalisation des parcelles, l’identification des coopératives et le suivi des produits jusqu’aux marchés d’exportation constituent, selon lui, des applications du numérique indispensables à la compétitivité des filières.
Le représentant du ministre a invité les participants à formuler des propositions concrètes et à nouer des partenariats susceptibles de lever les obstacles au financement et à la transformation des entreprises ivoiriennes.
Organisée par Génération Régie sous le haut parrainage du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, cette deuxième édition du SII réunit des décideurs publics, des investisseurs, des établissements financiers, des industriels, des entrepreneurs, des organisations professionnelles et des délégations étrangères.
La première édition avait enregistré près de 3 000 participants et une vingtaine d’exposants, selon les organisateurs.
(AIP)
haa

