Bouaflé, 7 nov 2026 (AIP) – Les activités d’orpaillage illégal ont abandonné plusieurs sites d’exploitation illégale d’or dans le département de Bouaflé, notamment à Lagrikro et Pangbankouamékro, dans la sous-préfecture de Pakouabo, après moins de deux mois d’actions de sensibilisation et de répression, a constaté jeudi 5 novembre 2026 une délégation du comité départemental de lutte contre le phénomène.
Conduite par le préfet de la région de la Marahoué et du département de Bouaflé, Gonbagui Gueu Georges, cette mission avait pour objet d’évaluer les résultats des opérations menées en collaboration avec les forces de défense et de sécurité, les autorités coutumières et les populations.
À Lagrikro, l’un des principaux foyers d’orpaillage illégal de la zone, près de 3 000 personnes vivaient directement ou indirectement de cette activité. Le site avait progressivement développé une économie parallèle comprenant des commerces, des bars, des structures sanitaires clandestines et une gare de transport interétatique.
« Aujourd’hui, ce site a été entièrement déguerpi. Toutes les activités y ont cessé », a indiqué le préfet, précisant que plus de 1 000 dragues étaient auparavant utilisées sur les plans d’eau concernés.
Gonbagui Gueu Georges a salué l’engagement des forces de défense et de sécurité, notamment les unités de gendarmerie mobile de Zuénoula, dirigée par le commandant Bakayoko, et de la compagnie de gendarmerie de Bouaflé, conduite par le commandant N’Goran Médard. Il a également relevé le rôle du sous-préfet de Pakouabo, Sigbeu Donatien, dans la conduite des actions sur le terrain.

Le préfet a particulièrement insisté sur la contribution des communautés à la lutte contre l’orpaillage clandestin. Les comités de veille, les chefs de village, les présidents de jeunes et les propriétaires terriens participent notamment à la surveillance des sites et à la prévention de nouvelles installations.
Selon lui, aucun des sites démantelés dans le département n’a fait l’objet d’une réoccupation à ce jour. Il a appelé les populations à maintenir leur vigilance afin de préserver les acquis des opérations et d’empêcher la reprise des activités illégales.
Les responsables des unités de gendarmerie ont, pour leur part, souligné la nécessité de poursuivre les patrouilles pour prévenir toute nouvelle occupation des sites. Les opérations engagées ont notamment permis de détruire plusieurs dragues et machines concasseurs, ainsi que de traquer les acheteurs d’or, dans le but de démanteler les circuits d’exploitation illégale.
Le président du comité de veille et de lutte contre l’orpaillage illégal, Kouamé Kouadio Gilbert, a indiqué que les populations avaient pris l’engagement collectif de contribuer à l’éradication du phénomène et de signaler aux autorités toute tentative de reprise des activités.
Les chefs des villages de Pangbankouamé, Kouakou N’Guessan Sylvain, et de Pakouabo, N’Guessan Kouamé Béhibro, ont exprimé leur satisfaction à la suite de la fermeture des sites. Ils ont salué les actions entreprises pour préserver l’environnement et protéger les terres de leurs localités.
Le préfet a enfin annoncé la nécessité d’un bilan concerté avec le Comité national de sécurité (CNS) et les autres préfets engagés dans la mission nationale visant à mettre fin à l’orpaillage illégal dans un délai de six mois. Cette évaluation devra permettre de mesurer les résultats obtenus et de définir les mesures complémentaires nécessaires à la poursuite de la lutte.
(AIP)
Ns/kp

