Zuénoula, 03 juin 2026 (AIP)- Le juriste privatiste international, Mathurin Bi Zou, cadre et fils de Zuénoula, plaide pour une réforme de l’organisation territoriale de la Côte d’Ivoire à travers la création d’une nouvelle région regroupant les départements de Zuénoula et de Gohitafla.
Selon lui, cette réorganisation administrative contribuerait à rapprocher davantage l’action publique des populations et à renforcer l’efficacité des politiques de développement local.
Dans une réflexion intitulée « De la déconcentration à une décentralisation hardie : de la nécessité de la création d’une nouvelle région regroupant les départements de Zuénoula et Gohitafla », l’auteur estime que l’actuelle région de la Marahoué, qui comprend les départements de Bouaflé, Sinfra, Zuénoula, Gohitafla et Bonon, fait face à des défis liés à son étendue territoriale, à sa dynamique démographique et à la diversité des besoins de développement de ses populations.
Selon M. Bi Zou, malgré les efforts déployés par les différents exécutifs du conseil régional depuis la création de cette collectivité territoriale, de nombreuses localités continuent d’exprimer des attentes en matière d’infrastructures et de services de proximité.
« Depuis plus d’une décennie, les populations soulignent l’insuffisance de certains projets de développement local, tandis que les responsables régionaux évoquent régulièrement la faiblesse des ressources financières disponibles pour répondre à l’ensemble des besoins », analyse-t-il.
Face à cette situation, le juriste propose la création d’une nouvelle entité administrative regroupant les sous-préfectures de Zuénoula, Vouéboufla, Zanzra, Kanzra, Gohitafla, Maminigui et Iriéfla. Une telle configuration permettrait, selon lui, une meilleure prise en compte des réalités locales, une gestion plus efficiente des ressources publiques et une accélération des projets de développement.
Pour étayer sa proposition, il met en avant les atouts historiques, économiques et culturels des deux départements. Il rappelle notamment que Zuénoula, ancien poste administratif colonial devenu chef-lieu de département en 1979, occupe une position stratégique au carrefour de plusieurs régions du centre-ouest ivoirien.
L’auteur souligne également l’importance culturelle de Gohitafla, connue comme le berceau du masque Zahouli, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, ainsi que son rôle historique dans la résistance à la pénétration coloniale.
Sur le plan économique, Mathurin Bi Zou met en exergue le potentiel agricole de l’espace Zuénoula-Gohitafla, marqué par une forte production de café, de cacao, de coton, d’anacarde et de cultures vivrières. Il rend également hommage aux pionniers des secteurs agricoles, commercial et du transport qui ont contribué à la prospérité de cette zone.
La présence de l’industrie sucrière à Zuénoula depuis 1977, l’existence de ressources naturelles importantes, l’aire protégée de la Moyenne-Marahoué ainsi que les cours d’eau Bandama et Béré figurent parmi les arguments avancés pour démontrer la viabilité économique et environnementale d’une future région.
Le juriste reconnaît toutefois les efforts consentis par l’État ces dernières années dans le domaine des infrastructures, notamment avec la modernisation de la route nationale A8 reliant Zuénoula à Béoumi via Gohitafla, le bitumage des axes Zuénoula-Daloa et Zuénoula-Vavoua, la construction d’un nouveau pont sur le Bandama et l’amélioration de la voirie urbaine dans plusieurs localités.
Malgré ces avancées, il estime que les départements de Zuénoula et de Gohitafla demeurent confrontés à d’importants défis dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’hydraulique et de la transformation agro-industrielle.
« Ces deux départements méritent une attention particulière ainsi qu’un programme de développement ambitieux, à la mesure de leur contribution à l’économie nationale », soutient-il.
Pour Mathurin Bi Zou, la création d’une région Zuénoula-Gohitafla s’inscrirait dans la dynamique de décentralisation engagée par l’État ivoirien et constituerait un levier supplémentaire pour promouvoir un développement territorial plus équilibré et plus inclusif.
(AIP)
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