Bouaké, 23 août 2025 (AIP)- Une mission du Fonds national de lutte contre le sida (FNLS), conduite par le chef du projet timbre de solidarité, N’Guessan Ferdinand, a sillonné jeudi 21 et vendredi 22 août 2025 les villes de Bouaké, Béoumi et Sakassou dans le cadre de la redynamisation des comités départementaux et régionaux de Gbêkê en vue de la mobilisation des ressources pour le financement des activités de lutte contre le sida, alors que les bailleurs de fonds se retirent progressivement.
« Aujourd’hui, 80 % des ressources proviennent des partenaires techniques et financiers contre 20 % de contribution nationale. Le désengagement progressif menace la pérennité des acquis. Renforcer les financements domestiques devient une nécessité stratégique. Le système de timbres FNLS, bien que prévu par les textes, reste faiblement opérationnel dans plusieurs localités. Une mission ciblée dans les zones prioritaires vise à relancer ce mécanisme au niveau communal, départemental et régional », a déclaré M. N’Guessan au cours des différents exposés animés dans chacune des trois localités.
Selon lui, l’atteinte de cet objectif passe par la redynamisation des comités départementaux et régionaux de lutte contre le sida (CDLS/CRLS), appelés à jouer un rôle opérationnel dans la coordination des actions au niveau local, notamment la vente des produits de solidarité (timbre, pagne) dans les collectivités et administrations, la mobilisation des acteurs locaux autour de la solidarité nationale, la valorisation des mécanismes FNLS auprès des communautés et la réduction du déficit de financement face au retrait des partenaires.
Le chef de mission a rappelé les chiffres sur la pandémie du sida, fournis par l’ONUSIDA. En 2023, 39,9 millions de personnes vivaient avec le sida dans le monde contre 40,8 millions en 2024, avec 630 000 décès en 2024. En Côte d’Ivoire, 420 000 personnes âgées de 15 à 49 ans vivaient avec la maladie en 2023 contre 407 000 en 2024, avec 8 366 décès en 2024. À Bouaké, le nombre de personnes vivant avec le VIH est de 16 831, dont 5 406 hommes et 11 424 femmes.
M. N’Guessan a souligné que la lutte multiforme engagée par la Côte d’Ivoire avec l’appui des bailleurs a permis de réduire la contamination, passant de 420 000 cas en 2023 à 407 000 en 2024. L’ONUSIDA décrit la Côte d’Ivoire comme un « modèle de résilience » grâce à l’élargissement de l’accès au traitement et à la réduction des nouvelles infections.
Cependant, a-t-il ajouté, la réduction des financements avec le départ des bailleurs pourrait entraîner l’abandon des soins par les personnes vivant avec le VIH, une baisse du dépistage et de la prévention, une augmentation des nouvelles infections, des ruptures fréquentes d’antirétroviraux et d’intrants médicaux (préservatifs, tests, réactifs), compromettant la continuité des services et provoquant une recrudescence du VIH/sida.
« Face à la baisse brutale des financements internationaux, notamment ceux du gouvernement américain (USAID, PEPFAR) et d’autres partenaires, la Côte d’Ivoire doit impérativement combler le déficit croissant dans la lutte contre le VIH/sida. Le FNLS, bras financier national de cette lutte, est appelé à jouer pleinement son rôle en renforçant et en étendant ses mécanismes de mobilisation des ressources. Malgré un contexte difficile, des solutions existent, mais elles exigent un sursaut collectif. La vente des timbres et du pagne de solidarité n’est plus une option, c’est une priorité nationale », a-t-il conclu.
(AIP)
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