Bouaké, 4 juin 2026 (AIP)- Des chefs de villages, de tribus et de cantons des sous-préfectures de Diabo et de Languibonou ont exprimé leur désaccord avec certaines actions du président régional de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels (CNRCT) de Gbêkê, Nanan N’Goran Koffi II, également chef du canton Faafouè-Gossan, dans une motion de protestation dont copie est parvenue à l’AIP jeudi 4 juin 2026.
Les signataires de cette motion dénoncent ce qu’ils qualifient d’ingérences dans plusieurs affaires relevant, selon eux, de la compétence exclusive des autorités coutumières locales.
Ils citent notamment le processus de désignation du chef du village de Saoundi, dans la sous-préfecture de Languibonou. Selon eux, l’intervention du président régional de la CNRCT dans ce dossier constitue une atteinte aux règles coutumières en vigueur dans cette localité.
Les auteurs de la motion évoquent également son implication dans le choix du chef intérimaire du canton Gblo Blè. Ils estiment que cette question relève exclusivement des instances coutumières compétentes du canton concerné et ne saurait faire l’objet d’une intervention extérieure.
Les protestataires contestent par ailleurs les conditions de désignation des représentants de la région du Gbêkê à la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels. Ils soutiennent que les procédures suivies n’ont pas respecté les mécanismes de consultation et de désignation habituellement admis au sein des structures coutumières de la région.
Dans leur déclaration, les chefs signataires affirment que ces différentes interventions portent atteinte aux us et coutumes ainsi qu’aux prérogatives reconnues aux collèges coutumiers des villages, tribus et cantons.
Ils demandent à Nanan N’Goran Koffi II de se conformer strictement aux dispositions de la loi organique n° 2020-942 du 25 novembre 2020 portant organisation de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels.
Les signataires réaffirment que la désignation des chefs de village, le règlement des questions successorales et la gestion des affaires internes des cantons relèvent de la compétence exclusive des collèges coutumiers concernés.
Ils appellent également les instances nationales de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels à prendre les dispositions nécessaires pour préserver la paix, la cohésion sociale et l’entente entre les différentes chefferies de la région du Gbêkê.
Réagissant à ces accusations, Nanan N’Goran Koffi II a rejeté toute volonté d’ingérence dans les affaires coutumières évoquées par les signataires.
Le président régional de la CNRCT du Gbêkê a expliqué que ses interventions sont intervenues à la demande des parties concernées dans le cadre de démarches de médiation destinées à favoriser le règlement de différends coutumiers.
Concernant le dossier du canton Gblo Blè, il a indiqué avoir été sollicité pour contribuer à la recherche d’une solution consensuelle entre les différents acteurs impliqués.
S’agissant du village de Saoundi, il a soutenu que son implication répondait également à une demande des parties en présence afin de faciliter le dialogue et d’accompagner le règlement du différend.
Au sujet de la désignation des représentants de la région du Gbêkê à la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels, Nanan N’Goran Koffi II a affirmé que les choix opérés résultaient de concertations menées avec les chefs des différents départements de la région.
Il a indiqué que les décisions prises dans ce cadre ont été arrêtées à l’issue d’échanges entre les responsables coutumiers concernés.
Le président régional de la CNRCT a enfin invité l’ensemble des chefs traditionnels de la région à privilégier le dialogue, la concertation et la recherche du consensus afin de préserver l’unité, la cohésion et la paix au sein du Gbêkê.
(AIP)
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