Abidjan, 30 mai 2026 (AIP)- Le philosophe, sociologue et penseur français Edgar Morin considéré comme l’un des plus grands intellectuels français contemporains, est décédé vendredi 29 mai 2026 à l’âge de 104 ans.
Né le 8 juillet 1921 à Paris sous le nom d’Edgar Nahoum, il s’est illustré très tôt par son engagement politique et intellectuel. Étudiant en histoire, en droit et en philosophie, il rejoint la résistance française durant la seconde guerre mondiale après avoir adhéré au Parti communiste français en 1941. C’est au cours de cette période qu’il adopte le pseudonyme d’Edgar Morin. Il laisse derrière lui une œuvre foisonnante consacrée à la compréhension de la complexité du monde moderne
Ancien lieutenant des Forces françaises combattantes, il demeurera toute sa vie marqué par les valeurs de résistance face aux formes de barbarie, qu’elles soient idéologiques, économiques ou sociales.
Après la guerre, il publie en 1946 son premier ouvrage, L’ An zéro de l’Allemagne, avant d’intégrer le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1950. Il y mènera une brillante carrière de chercheur, devenant directeur de recherche en 1970.
Auteur d’une soixantaine d’ouvrages traduits dans plusieurs langues, Edgar Morin a développé le concept de « pensée complexe », une approche qui vise à relier les différents champs du savoir afin de mieux appréhender les réalités humaines, sociales et environnementales.
Son œuvre majeure, La Méthode, publiée en plusieurs tomes entre 1977 et 2004, constitue l’aboutissement de cette réflexion transdisciplinaire. Le troisième tome, longtemps considéré comme perdu, a finalement été publié en 2024. Tout au long de sa vie, le penseur français s’est engagé sur de nombreuses questions de société, notamment la défense des droits humains, la lutte contre les inégalités, la préservation de l’environnement et la promotion du dialogue entre les peuples.
Docteur honoris causa de nombreuses universités à travers le monde, Edgar Morin a continué à publier et à intervenir dans le débat public jusqu’à un âge avancé. En 2019, il avait publié ses mémoires intitulées Les souvenirs viennent à ma rencontre. Son décès marque la disparition d’une figure majeure de la pensée contemporaine, dont les travaux continueront d’influencer les réflexions sur la complexité, la connaissance et l’avenir de l’humanité.
(AIP)
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