Abidjan, 07 nov 2026 (AIP)- Alors que le monde fait face à des crises géopolitiques et sécuritaires persistantes, Abidjan devient la capitale mondiale de la réflexion et de la diplomatie citoyenne. Du 9 au 14 novembre 2026, la capitale économique de la Côte d’Ivoire abrite le 25e Congrès de l’Ordre mondial des experts internationaux (OMEI), portant sur « La Paix Mondiale ». Pour décrypter les enjeux de ce rendez-vous qui rassemble des experts venus des quatre coins du globe, le président de la commission communication et presse, Dr Mamadou Labib Traoré, a accordé une interview à l’AIP le 6 novembre 2026.
AIP: Monsieur le Président, quel est l’esprit profond de ce 25e Congrès de l’Ordre Mondial des Experts Internationaux consacré à la paix mondiale ?
Dr Mamadou Traoré : L’esprit de ce congrès réside dans une conviction fondamentale : aucune nation, aucune institution, aucun peuple ne peut prétendre bâtir seul un avenir de paix durable. Dans un contexte international marqué par des tensions multiformes, nous avons voulu réunir les intelligences, les expertises et les expériences afin d’élever le débat au-dessus des contingences immédiates. Ce congrès est avant tout une invitation au sursaut de la conscience universelle.
AIP: Pourquoi avoir choisi le thème de la paix mondiale pour cette 25e édition ?
Dr Mamadou Traoré : Nous avons choisi le thème de la paix mondiale pour cette vingt-cinquième édition parce que la paix constitue aujourd’hui le défi suprême de notre temps.
Tous les grands enjeux contemporains, qu’ils soient économiques, environnementaux, technologiques ou géopolitiques, sont intimement liés à la stabilité des sociétés humaines. Sans paix, il ne peut y avoir ni développement durable, ni justice sociale, ni prospérité partagée. Nous avons donc estimé que cette thématique méritait d’être placée au centre de la réflexion internationale.
AIP: Quelle place occupe le président de l’OMEI, Jacques Vialat, dans la réussite de cette rencontre internationale ?
Dr Mamadou Traoré : Une place absolument déterminante. Jacques Vialat incarne depuis plusieurs années une vision profondément humaniste des relations internationales. Son attachement au dialogue des cultures, à la coopération entre les peuples et à la valorisation de l’expertise constitue l’une des forces motrices de l’OMEI. Ce congrès porte incontestablement l’empreinte de son leadership éclairé, de sa constance et de sa fidélité aux idéaux de paix.
AIP: Vous êtes également l’initiateur de « l’Appel de Normandie ». Quel était l’objectif de cette initiative ?
Dr Mamadou Traoré : L’appel de Normandie est né d’une nécessité morale. Il nous fallait créer, avant le congrès, un mouvement de mobilisation intellectuelle et citoyenne à l’échelle internationale. Depuis la Normandie, terre hautement symbolique de mémoire et de réconciliation, nous avons lancé un message simple mais ambitieux : rassembler les femmes et les hommes de bonne volonté autour d’une même exigence de paix. Cet appel a constitué le premier acte fondateur de la dynamique qui nous conduit aujourd’hui à Abidjan.
AIP: Peut-on dire qu’Abidjan devient, le temps de ce congrès, la capitale mondiale de la paix ?
Dr Mamadou Traoré : Je le crois sincèrement. Pendant plusieurs jours, Abidjan accueille des experts, universitaires, responsables institutionnels et acteurs de la société civile provenant de plusieurs pays et partageant une même aspiration. La capitale économique ivoirienne devient ainsi un carrefour de dialogue, de réflexion et d’espérance. À travers ce congrès, la Côte d’Ivoire confirme son statut de terre d’hospitalité et de rencontre entre les peuples.
AIP: Quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse africaine et mondiale ?
Dr Mamadou Traoré : Je voudrais lui dire qu’elle ne doit jamais se considérer comme spectatrice de l’histoire. La jeunesse est appelée à devenir l’architecte du monde de demain. Elle possède l’énergie, l’imagination et la capacité d’innovation indispensables à la construction de sociétés plus pacifiques. La paix n’est pas l’affaire exclusive des diplomates, elle est également une responsabilité citoyenne portée par les nouvelles générations.
AIP: Quel rôle la communication peut-elle jouer dans la promotion de la paix ?
Dr Mamadou Traoré : La communication est l’une des infrastructures invisibles de la paix. Une information responsable éclaire, une information dévoyée fracture. Dans un monde traversé par la rapidité des flux médiatiques et numériques, les professionnels de la communication portent une responsabilité éthique considérable. Ils peuvent contribuer à rapprocher les peuples ou, au contraire, alimenter les divisions. Il leur appartient donc de faire prévaloir la vérité, la mesure et le discernement.
AIP: Plusieurs conférences, tables rondes et panels figurent au programme. Qu’attendez-vous concrètement de ces travaux ?
Dr Mamadou Traoré : J’en attends des propositions substantielles, pragmatiques et audacieuses. Il ne s’agit pas uniquement d’échanger des idées. Il s’agit de produire une réflexion capable d’inspirer les décideurs publics, les organisations internationales et les acteurs de terrain. L’expertise n’a de valeur que lorsqu’elle éclaire l’action.
AIP: La Déclaration d’Abidjan annoncée à l’issue des travaux représentera-t-elle un objectif majeur ?
Dr Mamadou Traoré : Absolument. Une grande rencontre internationale doit laisser un héritage intellectuel et moral. La Déclaration d’Abidjan devra traduire les principales convictions issues des échanges et des débats. Elle constituera, je l’espère, un document de référence pour toutes celles et tous ceux qui œuvrent à l’édification d’une paix durable.
AIP: Quel regard portez-vous sur la participation des experts venus d’Afrique, d’Europe et d’autres régions du monde ?
Dr Mamadou Traoré : J’y vois la démonstration que la paix demeure une préoccupation universelle. Les défis auxquels nous sommes confrontés transcendent les frontières. Lorsque des spécialistes de différents horizons acceptent de se réunir pour réfléchir ensemble à des solutions communes, ils envoient au monde un signal particulièrement fort : celui de la coopération plutôt que de l’affrontement.
AIP: À titre personnel, quel sentiment vous anime à l’ouverture de ce congrès ?
Dr Mamadou Traoré : Un sentiment mêlé d’humilité et de gratitude. Humilité devant l’ampleur des défis qui se dressent devant l’humanité. Gratitude envers tous ceux qui ont contribué à faire de cette rencontre une réalité. Je pense naturellement au président Jacques Vialat, aux membres de l’OMEI, au Comité d’organisation avec à sa tête le docteur Bledou, aux autorités ivoiriennes, aux partenaires, ainsi qu’à l’ensemble des congressistes venus partager leur expertise et leur engagement.
AIP: Si vous deviez résumer en une phrase l’ambition de ce 25e Congrès, laquelle choisiriez-vous ?
Dr Mamadou Traoré : Je dirais ceci : « Faire converger les intelligences du monde afin de transformer l’idéal de paix en une responsabilité collective, permanente et universelle. » Car la paix n’est ni une abstraction, ni un slogan, ni une aspiration lointaine. Elle est une œuvre quotidienne qui requiert le courage du dialogue, la noblesse de l’écoute et la volonté constante de bâtir ce qui unit plutôt que ce qui sépare.
(AIP)
tg/cmas
(Interview réalisée par Tanguy Gahié)

